Escapades dans les contrées sauvages de Yosemite à Paul’s Place [du 6 sept au 9 sept]

Avant d’entrer dans le parc de Yosemite, nous logeons au Minor’s motel à Jameston en vue de faire des provisions d’essence et de victuailles dans les commerces du village ; certains ferment à 21h (!!) quand d’autres sont ouverts toute la nuit (au secours…).

C’est l’opportunité aussi pour nous de tester la nuit dans un motel américain.. Nous ne sommes pas déçues car le papier peint à fleurs vire au marron, les clients des autres chambres nous lancent des regards louches, la chambre sent le renfermé et la ventilo fait du bruit, une alarme de voiture se met à sonner en pleine nuit … Tout y est pour faire de nous les héroïnes d’un film genre « road movie ».

Le rituel du matin « toilette – petit déjeuner – bouclage des sacs » est vite achevé. Nous avons repéré un camping « first arrived – first served » dans le parc. Si nous souhaitons être « first arrived », il faut filer !!

Nous découvrons les premiers contreforts de Yosemite par une route en lacet qui nous fait prendre progressivement de l’altitude. Le temps est magnifique, la vue est superbe, nos téléphones ne sont plus connectés… nous plongeons bel et bien dans l’atmosphère sauvage du parc.

yosemite

Sur les conseils de Claire, nous avons choisi un secteur peu fréquenté pour planter notre tente : le camping de White Wolf.
Bonne pioche, il reste des places en arrivant avant midi et l’environnement nous plaît beaucoup : des immenses forêts de chênes et de séquoia, des prairies humides et des roches blanches disséminées sur le parcours d’anciens glaciers.
L’ouverture de notre tente donne sur un amas de rochers digne de la forêt de Fontainebleau. Cela fera un bureau appréciable pour Luna qui entame une session de mathématiques de 2 heures.

Yosemite2

Elle m’impressionne par ses capacités de concentration dans un tel lieu.

LukeLake4

A la clé de sa séance de travail, un pique-nique (avec des tartines de Philadelphia son pêché mignon) puis une balade en vue de découvrir les environs. 3 miles pour atteindre Lukens lake sans croiser personne.

Des troncs sont tombés dans l’eau ce qui nous offre un banc pour écrire, dessiner et rêver, manger toute la boite de cookies aux noix de pécan. Des panneaux nous expliquent le projet de restauration de la flore du lieu; le « meadow » : un marécage couvert d’herbes dorées comme des cheveux d’anges.

 

 

 

De retour au « campground » au sunset (coucher de soleil), nous sommes en train de nous affairer autour de l’allumage du feu de camp quand un 4×4 s’arrête et qu’en sort une boule d’énergie haute comme 3 pommes. C’est une jeune femme qui cherche un emplacement à partager (hé oui, le camping est complet à cette heure-ci). Difficile de refuser, solidarité féminine oblige. Et puis, ça nous fera de la compagnie pour la veillée ; la nuit débarquant de bonne heure.

whiteWolf1On partage de fil en aiguille bien plus que l’emplacement : la boite à ours pour mettre les provisions, une partie du repas (d’énormes tranches de steak grillées sur le feu pour elle ; pour nous « no thanks ») et une soirée de discussions.

Mickie est une baroudeuse hors pair très organisée dont le véhicule regorge de trésors qu’elle s’empresse de nous livrer : du sel, du jus de citron, des légumes, de la purée, de la vaisselle, du muesli. Elle possède 1 plaque électrique raccordée à l’allume cigare ! Pour elle, une soirée feu de camp n’est pas complète sans des marshmallows grillés sauf qu’elle n’a que les piques à brochette. Elle nous met donc à contribution pour faire le tour des voisins campeurs. Des québécois généreux nous en donnent un gros sac ; ce qui permet de tester la recette en vogue chez Mickie : 1 marshmallow fondant coiffé d’un carré de chocolat qu’il faut réussir à coincer entre 2 biscuits.Un régal brûlant qui nous aide à lutter contre la fraicheur nocturne qui s’annonce.

On ne tarde pas cependant à rejoindre nos gros duvets car nous sommes fatiguées et un peu frigorifiées.

La température nocturne a dû desccampground-WhiteWolfendre autour de 5d° ; C’est nos articulations qui nous le disent lorsque nous nous réveillons le lendemain toutes endolories. Mickie est déjà à pied d’œuvre pour préparer le petit déjeuner : réconfort d’un thé bien chaud à siroter dans une doudoune en plume.

 

Nous partons pour la vallée avant que le soleil ne monte trop haut. C’est un semi-retour à la civilisation : beaucoup de visiteurs sur la route, les portables qui s’affolent pour nous livrer les dernières nouvelles de France.. et même une station service pour faire le plein ! Les circuits de balade sont si nombreux que le nombre de randonneurs se réparti harmonieusement au pied des immenses falaises crayeuses. Nous choisissons la randonnée des cascades.

baladecascadeYosemite3

Si motivées qu’on démarre très, trop vite, doublant de nombreuses familles qu’on trouve escargots. Au bout d’un kilomètre de montée sans interruption avec un dénivelé important, ce sont nous qui sommes devenues gastéropodes, soufflantes sous le soleil [surtout moi en fait ;=) Luna file d’un bon pas devant ] ; le sac de pique-nique pesant bien lourd sur le dos. C’est une bonne excuse pour s’arrêter régulièrement pour profiter du paysage qui est de toute beauté puis pour faire la pause repas en bord de rivière sur un gros rocher.

 

 

Nous sommes plus raisonnables sur le rythme en deuxième partie de rando. Heureusement car le sentier se transforme en hautes marches de pierre taillées dans le roc ; à escalader en levant fort les genoux.

C’est très physique mais le spectacle à l’arrivée est une magnifique récompense : une cascade qui distribue les couleurs de l’arc en ciel et en amont un lac de montagne qui génère une grande quiétude. Nous sommes fières d’être arrivées jusque là. Pour fêter cela et se désaltérer, Luna se baigne dans le bain au pied de la chute d’eau. Seulement quelques minutes, car il est glacial !

baladecascadeYosemite

Le trajet retour est très rapide car après avoir tant grimpé, nous avons mérité une succession de belles descentes. Nous prenons ensuite un shuttle pour le village de Yosemite. C’est une bonne idée que ce service de navettes qui relie les parkings et évite ainsi que les pots d’échappements de tout un chacun ne gâchent l’ambiance.
Nous restons jusqu’à la tombée de la nuit à flâner dans les boutiques de souvenirs du Parc. C’est plus élitiste qu’un magasin de souvenirs classique : à côté des inévitables posters et tasses, il y a des équipements de sport et de camping ainsi que beaucoup de livres naturalistes, de récits d’aventures et des cartes IGN. Dommage qu’on ait si peu de place dans nos sacs de voyage. Un film en présence du réalisateur est proposé au petit centre culturel du lieu : « A climber’s journey » de Ron Kauk, un grimpeur voltigeur qui danse avec les parois. Le personnage est particulièrement touchant et inspirant…

RonKauk

A découvrir notamment ici : https://www.youtube.com/watch?v=4zeO1WXdOGs

La musique, les images et les textes sont planants avec des idées simples sur la reconnexion avec la nature, qui pourraient presque sembler naïves, mais qui font du bien.
Le retour au camping est un brin épique. Il n’y a pas d’éclairage public ce qui ne facilite pas la recherche de notre véhicule sur l’un des immenses parkings du parc. Il faut aussi faire la route inverse sur les routes sinueuses jusqu’à notre tente.. pour finalement dormir dans la voiture en espérant y trouver un peu de clémence climatique. Cela s’avérera en effet moins froid que la nuit en tente mais moins confortable. Les sièges en position allongée, ce n’est tout de même pas la panacée !

Après un thé-lait de macadamia au réchaud, nous sommes les dernières à quitter le camping en ce dimanche matin 9 sept.. Direction, Tioga Pass. Petit à petit, la forêt se clairsème pour moins d’arbres et plus de rochers.

TiogaPass

D’un virage à l’autre, le paysage nous réserve des surprises : des vallées profondes et sauvages, des lacs bleu profonds, des marais aux couleurs verts tendres, jaunes éclatante et bruns. Nous nous accordons une « pause zen » à un col dont la vue incite à l’introspection, fait ressentir un sentiment de calme, de lien avec les éléments et de grand bien-être.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons tant bien que mal de la place à l’arrière de notre véhicule à un couple de sympathiques randonneurs auto-stoppeurs quinquagénaires. La femme est encore assez pimpante mais son compagnon est tout rouge et fatigué. Ils nous expliquent qu’ils viennent de passer 3 jours à randonner par monts et par vaux et qu’ils sont au bout du rouleau. Nous sommes leurs « sauveuses » qui les menons quelques kilomètres plus loin jusqu’à leur voiture !!

Nous quittons finalement le parc par une route incroyable qui descend longuement dans un paysage lunaire jusqu’à Mono Lake.

Monolake

Nous ne savons pas trop où nous allons dormir ce soir et le GPS ne capte pas …ce qui génère du stress et tend les relations dans l’habitacle de la voiture. Nous roulons donc « vers le sud » en partie à l’aveugle. Il n’y a pas non plus le choix entre des milliers de route ce qui simplifie les choses. Nous trouvons par hasard un camping assez boudé par les touristes dans un petit parc naturel près de Paul’s Place. A l’accueil, le ranger débonnaire a l’air ravi de voir du monde et nous livre plein de conseils : la liste des meilleurs emplacements et le truc pour prendre une douche : aller se baigner dans le ruisseau !

PaulsPlace

Nous savourons une purée-cadeau de Mikie et nous couchons avec la nuit sous un immense ciel étoilé. Demain, nous traverserons Death Valley…

4 commentaires sur “Escapades dans les contrées sauvages de Yosemite à Paul’s Place [du 6 sept au 9 sept]

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  1. Formidable ! À chaque fois que j’aperçois un mail de votre part ,je me le “ garde “ pour le moment calme de fin de soirée pour le déguster Le lire …le relire …et voyager un peu avec vous Vous êtes formidables les filles Merci beaucoup! Belle suite d’aventure

    Petite photo de cet après midi ,chez des amis ,à 20 Minutes d’ici …pas mal aussi !

    >

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  2. Pas mal ce regard sur un séjour que nous avons fait avec Jean François et Josette en 2016 MAIS en gèrant les motels ! Josette est spécialiste ! Depuis Morrow bay nous avons l’impression que vous suivez nos pas et c’est chouette de nous faire revivre ces instants. Merci aussi pour ce partage qui nous fait rêver encore. Je sais c’est du boulot mais vous apprécierez également à votre retour et encore plus avec l’age…

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